Les artisans de fiction
Parce que nous sommes des artisans de fiction, j’avais envie de partager avec vous, les méthodes de cinq grands maitres de l’écriture.
Cinq méthodes pour bâtir un récit
présentées par cinq maîtres de l’écriture
Dominique Demers — Le synopsis :
Dominique Demers, crée un synopsis, un résumé de l’histoire. Elle met sur papier tout ce qu’elle sait de l’histoire à raconter.
Ça commence comment ? Qu’arrive-t-il après ? Et ainsi de suite jusqu’à la fin. Ses personnages ne sont pas mentionnés, mais elle a une bonne idée (dans sa tête) de qui fera quoi ?
En cours de rédaction du roman, l’histoire va évoluer et bien des éléments risquent de changer.
Tiré de son livre : Écrire pour que tout devienne possible, Dominique Demers, Québec Amérique.
Douglas Kennedy — Le rythme quotidien ou La routine :
L’inspiration n’est pas un miracle
Selon Douglas, la méthode libère, elle ne contraint pas.
« Soit obstiné et discipliné, pour ne pas procrastiner ! »
Kennedy affirme que « l’inspiration sans la discipline n’est rien ». Pour lui, la seule manière de vaincre la procrastination est de s’asseoir et d’écrire, même quand on n’en a pas envie.
Il recommande une routine très concrète :
Écrire entre 500 et 1000 mots par jour,
6 jours par semaine,
pendant 12 mois,
→ ce qui donne un roman complet.
Cette approche transforme l’écriture en métier, pas en attente d’inspiration, puisque, pour lui, l’inspiration arrive en écrivant.
Tiré d’une formation avec Douglas Kennedy, dans le cadre de The Artist Academy.
Marguerite Duras — La voix intérieure :
Une étude publiée chez Classiques Garnier explique que, pour Duras, écrire revient à “lire” ce qui est déjà inscrit en soi, comme si le texte préexistait dans une zone intérieure encore muette. L’écriture devient alors un déchiffrement, une écoute attentive d’une écriture première, antérieure au langage articulé.
Cette voix intérieure n’est pas une métaphore : c’est un véritable mouvement intérieur, une source qui dicte le rythme, les silences, les ruptures.
Éric-Emmanuel Schmitt — Un écrivain architecte
Écrire est un mélange d’art (l’inspiration) … et d’artisanat (la création). Il ne croit pas à l’inspiration magique : pour lui, un roman se fabrique, se façonne, se construit.
Préparez un plan comme une série de rendez-vous. Il doit être schématique, ayant pour vocation d’éviter les pannes d’inspiration. Si des personnages manquent à son plan, il les laisse guider son histoire.
Agatha Christie – Une organisation désorganisée :
Révélée par ses carnets de notes, la préparation ou la méthode d’Agatha Christie, révèle une organisation désorganisée.
Son outil : ses carnets d’écolier bon marché, pas de fiches personnages classées dans une jolie boîte en bois, pas de bureau silencieux ou l’inspiration viendra par magie…
En réalité, sa méthode nous enseigne trois principes fondamentaux :
1. Noter tout, même dans le désordre. Aucune idée n’est trop petite, trop bizarre ou trop banale.
2. Explorer les variantes avant de trancher. La 1ère idée n’est que le point de départ, et si l’histoire se déroulait ailleurs? Et si la victime devenait le tueur ?
3. Utiliser des outils simples de façon systématique : listes, croquis, questions, réutilisation (d’un roman à l’autre, utilisez les mêmes personnages, les mêmes lieux sous un nom, dans un autre pays, sous une nouvelle culture.)